Votre Samsung Galaxy est lent ? Le coupable inattendu : la fonction RAM Plus et comment la désactiver
Observer un smartphone Galaxy de pointe bégayer sur des tâches élémentaires est une expérience pour le moins absurde. Surtout quand ce même appareil gère sans sourciller des jeux gourmands comme Genshin Impact avec les réglages au maximum. À ce niveau de prix, il est inacceptable de voir des micro-ralentissements simplement en basculant entre une application de messagerie et un navigateur web. Ce genre de comportement dégrade considérablement l’expérience utilisateur et remet en question la valeur ajoutée de ces technologies de pointe.
Pendant des mois, j’ai mis cela sur le compte de la surcouche logicielle lourde de Samsung, acceptant les quelques hoquets occasionnels comme le prix à payer pour profiter de One UI. Je pensais que le problème venait d’un trop grand nombre d’applications en arrière-plan ou d’un logiciel mal optimisé. Mais il s’est avéré que ce ralentissement n’avait rien à voir avec ces hypothèses courantes. La cause était une fonctionnalité de performance intégrée, que Samsung active discrètement par défaut dès la sortie d’usine. Une fonctionnalité qui, paradoxalement, est censée améliorer les performances mais qui, dans les faits, produit l’effet inverse sur de nombreux appareils.
Qu’est-ce que la fonctionnalité RAM Plus et comment est-elle censée fonctionner ?
La fonctionnalité incriminée est RAM Plus, l’implémentation de Samsung de la mémoire virtuelle, un concept bien connu dans le monde de l’informatique. Son principe est simple : elle emprunte une partie de votre espace de stockage interne — entre 2 Go et 8 Go, ou jusqu’à 12 Go sur les modèles Ultra les plus récents — et le traite comme de la RAM additionnelle. C’est exactement le même concept qu’un fichier d’échange (ou « paging file ») que les systèmes d’exploitation de bureau utilisent depuis des décennies pour étendre virtuellement la quantité de mémoire vive disponible.
L’idée derrière la mémoire virtuelle est de permettre au système d’exploitation de déplacer les données des applications inactives de la RAM physique vers un espace de stockage plus lent lorsque la mémoire vive est saturée. Cela libère de la RAM rapide pour les applications en cours d’utilisation et permet de garder plus d’applications « ouvertes » en arrière-plan sans qu’elles ne soient complètement fermées par le système. En théorie, cette approche devrait améliorer le multitâche en évitant que le système n’ait à recharger entièrement les applications à chaque fois que l’utilisateur y revient.
Le talon d’Achille : L’écart de vitesse abyssal entre RAM et stockage
Là où cette ingénieuse idée se heurte à la dure réalité, c’est au niveau de la différence colossale entre la vitesse de la RAM physique et celle du stockage interne. La mémoire LPDDR5X, le type de RAM que l’on trouve dans les téléphones Galaxy phares comme la série S25, fonctionne à des vitesses théoriques avoisinant les 51 000 Mo/s. En comparaison, même le stockage UFS 4.0 le plus rapide, présent dans les téléphones haut de gamme de Samsung, plafonne à environ 4 200 Mo/s en lecture séquentielle. C’est déjà une différence de vitesse d’environ 12 fois !
Mais la latence rend la situation encore pire. La mémoire physique (RAM) répond en environ 10 nanosecondes. Un échange avec le stockage, en revanche, prend des milliers de fois plus de temps. Ainsi, lorsque vous revenez à une application dont les données ont été déplacées vers le stockage interne, le processeur doit non seulement les relire pour les ramener dans la RAM physique, mais il doit aussi potentiellement pousser d’autres données hors de la RAM pour faire de la place. Chaque basculement d’application qui passe par ce cycle de lecture/écriture subit inévitablement un ralentissement notable, ce qui se traduit par des micro-freezes et des délais agaçants, nuisant gravement à la fluidité de l’interface.
Une information cachée : La présentation trompeuse de Samsung
Ce qui est particulièrement frustrant, c’est que vous ne devineriez jamais ces compromis de performance à partir de l’interface utilisateur de Samsung elle-même. La section « Maintenance de l’appareil » (Device Care) fusionne la RAM physique et la RAM Plus en un seul chiffre. Ainsi, un téléphone avec 12 Go de RAM physique et 4 Go de RAM Plus affichera fièrement 16 Go comme total. Ce chiffre élevé, présenté comme un avantage pour le multitâche, masque en réalité un compromis de performance significatif. L’utilisateur est induit en erreur, pensant bénéficier d’une quantité impressionnante de mémoire, alors qu’une partie essentielle de celle-ci est d’une lenteur rédhibitoire pour les tâches quotidiennes, rendant l’expérience moins fluide qu’elle ne devrait l’être.
Pourquoi une mémoire « supplémentaire » ralentit votre téléphone
Un téléphone équipé de 12 Go de RAM physique est capable de maintenir entre 15 et 20 applications chargées simultanément, et Android gère déjà très bien cela par lui-même. Son système intégré de gestion de la mémoire, appelé zRAM, compresse les données des applications inactives directement au sein de la RAM physique, sans impliquer le stockage. Sur un téléphone disposant d’autant de mémoire vive, le système est rarement à court d’espace, rendant l’utilisation de la mémoire virtuelle en grande partie superflue et potentiellement nuisible.
RAM Plus ajoute une couche plus lente par-dessus cette gestion déjà efficace. Même avec zRAM qui optimise l’utilisation de la mémoire, le logiciel de Samsung déplace les données des applications en arrière-plan vers le stockage flash bien avant que la mémoire physique ne soit proche d’être pleine. Au lieu de laisser le téléphone utiliser pleinement le matériel rapide dont il dispose, le système force un chemin plus lent et inefficace. Cela annule les avantages de la RAM rapide et crée un goulot d’étranglement artificiel, même lorsque la RAM physique est largement disponible, entraînant des latences et des rechargements inutiles d’applications.
Mon expérience personnelle avec le Samsung S25 : Un exemple concret de lag
Sur mon S25, j’ai vécu avec ce problème pendant plusieurs mois avant de comprendre ce qui se passait. Je prenais une photo, basculais vers WhatsApp pour la partager, et l’application se rechargeait entièrement depuis le début. Le clavier avait un décalage notable sur mes premières frappes après avoir réveillé l’écran. J’ai vidé le cache, installé toutes les mises à jour en espérant une solution, mais rien n’a changé. Mon téléphone, doté de 12 Go de mémoire rapide, persistait à échanger des données qui n’avaient pas besoin d’être déplacées, entraînant une expérience utilisateur frustrante et loin des attentes pour un appareil de cette catégorie premium. C’était une véritable énigme, car toutes les spécifications indiquaient un appareil ultra-performant.
Une seule bascule et le ralentissement a disparu : Désactiver la mémoire virtuelle
Les téléphones haut de gamme fonctionnent de manière optimale lorsque le système d’exploitation n’empile pas de couches supplémentaires entre les applications et la mémoire physique. La fonctionnalité RAM Plus est accessible dans Maintenance de l’appareil > Mémoire (Device Care > Memory), où elle réserve une partie du stockage interne comme fichier d’échange. La désactiver nécessite un redémarrage, car le système ne peut pas reconfigurer la mémoire tant qu’Android est en cours d’exécution. Une fois le téléphone redémarré, cet espace de stockage est à nouveau libre, et le lag de l’interface utilisateur a tout simplement disparu. La fluidité est revenue, l’expérience est redevenue celle que l’on attend d’un smartphone de cette envergure, prouvant que cette fonctionnalité était bien la source des problèmes.
Samsung n’a pas toujours rendu cette désactivation aussi simple. Lors de l’arrivée de RAM Plus avec la mise à jour One UI 4 fin 2021, le système imposait une allocation permanente de 4 Go sans aucune option intégrée pour la désactiver. Les utilisateurs avertis devaient connecter leur téléphone à un ordinateur et exécuter des commandes de développeur via un terminal. Ce n’est qu’avec One UI 5, après de nombreuses plaintes concernant les ralentissements sur les appareils haut de gamme, que Samsung a finalement ajouté un bouton marche/arrêt. Ils ont écouté les retours des utilisateurs et leur ont offert une porte de sortie, et pourtant, la fonctionnalité reste activée par défaut sur chaque nouveau téléphone Galaxy. Cette persistance à l’activer par défaut suggère une stratégie marketing visant à gonfler les spécifications sur papier, au détriment de l’expérience réelle et de la satisfaction de l’utilisateur.
Le coût caché : L’usure du stockage flash
Il existe également un coût que vous ne remarquerez pas au quotidien, mais qui a des implications à long terme. Le stockage flash, tel que l’UFS de votre téléphone, a un nombre fini de cycles d’écriture. La mémoire virtuelle empiète sur cette limite en déplaçant constamment les données d’arrière-plan sur et hors du disque. Sur un téléphone que vous prévoyez de garder pendant trois ou quatre ans, ce « battement de disque » constant s’accumule. Cela peut potentiellement réduire la durée de vie de votre stockage interne, bien que l’impact exact varie et soit difficile à quantifier précisément pour l’utilisateur moyen. Néanmoins, c’est un facteur à prendre en compte pour la longévité de votre appareil, surtout si vous cherchez à maximiser sa durée de vie utile.
Qui devrait désactiver RAM Plus ? Nos recommandations
Si vous possédez un Galaxy d’entrée ou de milieu de gamme avec 4 Go ou 6 Go de RAM physique, conserver RAM Plus activé pourrait encore avoir du sens. Dans ce cas, le pool virtuel supplémentaire peut aider à maintenir une ou deux applications de plus en vie en arrière-plan, évitant ainsi des rechargements fréquents et améliorant légèrement l’expérience multitâche sur un appareil avec des ressources plus limitées. Pour ces modèles, où la RAM physique est un facteur limitant, les bénéfices d’une extension virtuelle, même lente, peuvent surpasser les inconvénients.
Cependant, sur tout téléphone équipé de 8 Go de RAM ou plus, désactiver RAM Plus est la première chose à faire. Samsung commercialise le chiffre combiné (RAM physique + RAM Plus) comme une fonctionnalité, un total plus important qui implique un meilleur multitâche. Mais comme nous l’avons vu, ce chiffre élevé était précisément ce qui ralentissait mon téléphone et probablement le vôtre. En désactivant cette fonctionnalité, vous permettez à votre appareil d’utiliser sa RAM physique ultra-rapide de manière optimale, sans les goulots d’étranglement introduits par le stockage interne plus lent. Vous retrouverez une réactivité et une fluidité dignes de votre investissement dans un smartphone haut de gamme.
Conclusion : Reprenez le contrôle de la performance de votre Galaxy
En somme, la fonction RAM Plus de Samsung, bien que basée sur un concept valide d’extension de mémoire, s’avère contre-productive sur les smartphones Galaxy dotés d’une quantité suffisante de RAM physique. L’écart de vitesse entre la RAM LPDDR5X et le stockage UFS 4.0, combiné à une gestion logicielle qui privilégie l’utilisation de cette mémoire virtuelle même lorsque la RAM physique est libre, crée des ralentissements inutiles et frustrants. Cette analyse approfondie révèle que ce qui est présenté comme un avantage peut en réalité nuire à l’expérience utilisateur sur les appareils les plus performants.
Si vous rencontrez des lags ou des rechargements intempestifs d’applications sur votre Galaxy haut de gamme, vérifiez sans tarder l’état de RAM Plus. Une simple désactivation de cette option, suivie d’un redémarrage, peut restaurer la fluidité et la réactivité que vous êtes en droit d’attendre d’un appareil premium. C’est une démarche simple qui vous permettra non seulement d’améliorer instantanément votre expérience utilisateur, mais aussi potentiellement de prolonger la durée de vie de votre stockage flash. N’hésitez pas à reprendre le contrôle de votre smartphone et à laisser sa puissance s’exprimer pleinement, sans entraves artificielles, pour profiter pleinement de votre investissement technologique.

